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C'est quoi cette référence

Ecrit par : Zitronu | le 20 Février 2010 à 10h53



Bonjour à tous

Petit nouveau dans le monde des courses de chevaux j'ai une question concernant certaine course à plat ou est stipulé une référence, ex.: +21 ou +22 etc.
Que veut dire ces chiffres, j'ai cru remarqué que plus ces nombres étaient grand moins la course rapportait pour le vainqueur?
Merci pour vos réponses!!!





Réponse(s) à la question "C'est quoi cette référence" :


Ecrit par : FANFAN29 | le 27 Février 2010 à 19h25


SI CELA PEUT T'AIDER... LE HANDICAP.

Le mot handicap vient de l'expression anglaise « hand in cap » qui signifie littéralement « main dans le chapeau ». Cela prouve que les Anglais (inventeurs des courses qu'ils ont codifées) prêtaient une large part au hasard dans ce genre d'épreuves. Rien n'a changé ! Dans des lots nombreux et compacts composés de chevaux de valeur égale (les écarts étant « rabotés » par la différence de poids), le facteur chance est déterminant. Il n'y a pas de méthode miracle pour jouer les handicaps car tous les chevaux sont supposés y détenir une chance égale. Pour ce faire, les poids sont répartis par des handicapeurs qui ont pour mission de niveler les valeurs. Certains pronostiqueurs, dits échellistes parce qu'ils établissent une échelle de valeurs parallèle, tentent de débusquer les erreurs du handicapeur pour dénicher un concurrent « lâché au poids ». Ce sont des théoriciens qui abattent un travail considérable mais la part de chance est tellement grande dans les handicaps que ce travail est souvent battu en brèche par les impondérables de la course. Les handicaps n'ont aucune valeur sportive mais ce sont des réservoirs à partants (donc à enjeux) qui font vivre toute la filière cheval.
La théorie de l'échelle : Elle s'appuie sur l'axiome : une longueur = un kilo. Autrement dit, un cheval qui, à poids égal, en bat un autre d'une longueur, doit, à leur sortie suivante, porter un kilo de plus pour franchir le poteau d'arrivée sur la même ligne que lui. Evidemment, nous nageons en pleine théorie et il est clair que la réalité n'est pas aussi simple. Pour se rapprocher de la réalité, il convient de moduler ce théorème selon l'impression visuelle et subjective de l'observateur, ce que l'ordinateur n'est pas encore capable de faire. Un cheval qui gagne d'une longueur « en tirant dessus » n'a évidemment pas la même valeur qu'un cheval qui gagne d'une longueur « roué de coups ». En outre, tout un chacun sait qu'en terrain lourd, les écarts se creusent et qu'à l'inverse, en bon terrain, on assiste généralement à des arrivées serrées. Cinq longueurs en terrain « défoncé » peuvent équivaloir à une grande encolure sur une surface normale. Il faut donc tout relativiser et savoir que la règle... c'est qu'il n'y a pas de règles. Fiez-vous à vos jumelles, ce sont les meilleures conseillères !
La pénalité : La pénalité pour une victoire peut aller de rien à cinq kilos, rarement plus (la moyenne se situe à 3.5 kilos). Tout dépend du niveau de la course, de sa facilité de la victoire, de la valeur des battus et parfois... de la tête du client. Il s'agit d'une zone sensible qui prête à toutes les polémiques. Dur métier que celui de handicapeur ! Cet homme passe sa vie à se faire interpeller (pas toujours avec courtoisie) par des entraîneurs mécontents.
La référence : On l'a vu, chaque cheval se voit attribuer une valeur théorique. Comme le poids de base est de 51 kilos (62 en obstacle), un cheval pris en valeur 30 ne pourra courir qu'un handicap dont la référence minimum est 21. La référence est par conséquent le poids que l'on ajoute à la valeur du cheval engagé. Notre cheval de valeur 30 portera donc le poids de base de 51 kilos et le cheval de valeur 35 en portera 56. Plus la valeur du handicap est basse, meilleur est le lot ; c'est aussi simple que cela.
Les tricheurs : La notion de handicap est une invite à la triche. Le cheval régulier, qui fait toujours sa course, ne verra jamais son poids baisser. C'est au mieux un éternel placé en puissance. A l'inverse, comme au golf (où le handicap ne concerne que les amateurs de bas niveau), certains chevaux se voient attribuer des valeurs qui ne correspondent pas à leur qualité réelle. Le jour où ils tombent le masque, il leur est facile de gagner... souvent à une cote juteuse. Des « shérifs » sont chargés de surveiller les éventuels tricheurs (ainsi que les fluctuations suspectes de la cote)... mais comme il est impossible de prouver quoi que ce soit, leur action est inefficiente. Aux courses, les délits d'initiés sont tacitement admis ; on appelle cela des tuyaux et tout le monde cherche à en avoir !
En vérité, dans un contexte économique difficile, la plupart des entraîneurs ramassent ce qu'ils peuvent ramasser, même s'il s'agit de miettes. Les gros handicaps, supports de quintés, sont grassement dotés et les sept premières places sont payées. Sachant qu'il vaut mieux tenir que courir, peu d'entre eux se risquent aujourd'hui à faire le tour... sauf s'ils ont des propriétaires patients, capables de payer 2000 euro par mois dans l'attente d'un gain hypothétique. Dans les années soixante (époque de grande prospérité pour le sport hippique), il en allait différemment. De rusés préparateurs étaient connus pour leur habileté à « viser » un gros handicap avec un cheval restant sur des performances médiocres. Ces professionnels ont pratiquement tous disparu. Il se peut aussi que des jockeys, agissant pour le compte d'un tiers, fassent le tour (c'est à dire, retiennent leur cheval) sans que l'entourage ne le sache. Le jockey est, en effet, moins sensible aux pressions économiques... et il peut l'être au chant de sirènes peu vertueuses. Dans les pays asiatiques, ce type de comportement - quand il est avéré - est TRES durement sanctionné. Au pays des Droits de l'Homme, on ferme pudiquement les yeux. Nos autorités hippiques sont des adeptes de la Méthode Coué : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cela me rappelle les articles de certains confrères inféodés au système qui, jadis, commençaient tous par : « Beau temps, bon terrain, foule nombreuse...



Ecrit par : Patonline | le 24 Août 2010 à 12h56


Super bien écrit et passionnant;) Bravo! et Merci!



Ecrit par : Patonline | le 24 Août 2010 à 12h57


Super bien écrit et passionnant;) Bravo! et Merci!





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